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Résumé

Étant donné l’histoire riche et complexe du nord des Balkans, d’où provient aussi son multilinguisme, la Voïvodine, province autonome de la République de Serbie, a été un territoire propice à l’apprentissage des langues étrangères. Parmi les langues étrangères enseignées sur ce territoire, la langue française a toujours eu une place privilégiée, un statut de langue incontournable. Par contre, la politique linguistique actuelle en Serbie, suivant le modèle mondial, ne favorise pas vraiment son apprentissage.
Dans cette contribution, nous envisageons de présenter l’analyse de la situation de l’enseignement du FLE en Voïvodine auprès de grands adolescents et d’adultes, et de voir si celui-ci suit de près la mondialisation et l’ouverture à l’Autre. De même, nous tenterons de répondre aux questions suivantes : La liberté pédagogique existe-t-elle et dans quelle mesure pour les enseignants serbes en classe de FLE dans l’enseignement formel et non-formel ? Quels sont les obstacles pour une meilleure interaction enseignant – apprenant et quels sont les défis auxquels ils sont confrontés ?
Qu’il s’agisse de l’enseignement du FLE formel ou non-formel, nous pouvons dire que la situation en Voïvodine est assez instable et complexe au niveau de la politique de l’éducation, ce qui se reflète bien évidemment sur la motivation chez les enseignants aussi bien que chez les apprenants. Ayant en vue ces circonstances, nous allons prendre part à la réflexion et à la recherche sur l’enseignement du français dans un contexte serbe non francophone pour définir quelle place il occupe actuellement dans l’éducation formelle et non-formelle.

Nataša POPOVIC, Vanja MANIC-MATIC
Faculté de Philosophie et Lettres
Université de Novi Sad, Serbie

1. Introduction

Les Balkans sont constitués d’une mosaïque de peuples, de religions, de civilisations et de langues multiples. C’est surtout le cas de la province autonome de Voïvodine – la partie nord de la République de Serbie, une région particulièrement multiethnique, multiculturelle et plurilingue. En Voïvodine, la population serbe est aujourd’hui majoritaire, mais de nombreuses minorités nationales, telles que les Hongrois, les Slovaques, les Roumains, les Ruthènes, etc. y sont également présentes. Tous arrivent à conserver leur langue. Les cinq langues principales sont le serbe, le hongrois, le slovaque, le roumain et le ruthène, mais de nombreuses autres, comme l’ukrainien, l’allemand, le tchèque, le bulgare, le croate sont également parlées sur ce territoire. Cependant, la primauté qu’on donnait aux langues officielles a changé au cours de l’histoire. Au XVIIIe siècle et jusqu’en 1867, la langue officielle était l’allemand, puis le hongrois jusqu’en 1918, le serbe depuis 1918 (Arsenijević, 1992 : 136) et depuis 1945 le serbo-croate, qui va devenir, après l’éclatement de la guerre civile, le serbe de nouveau.

La Voïvodine a toujours été à la croisée de différentes influences et au carrefour des migrations de nombreux peuples. La période la plus importante pour l’éducation en général est celle des XVIIIe et XIXe siècles. Il s’agit de la période durant laquelle elle fait partie de l’Empire austro-hongrois et où elle bénéficie d’un statut privilégié par rapport au reste de la Serbie, qui est à cette époque sous la dominance de l’Empire ottoman. Ayant en vue son riche héritage pluriculturel, nous pouvons comprendre sa facilité à s’adapter à des circonstances qui changent constamment.

Dans cet article, nous présenterons une analyse de la situation de l’enseignement du FLE en Voïvodine, et nous tâcherons de voir si celui-ci suit de près la mondialisation et l’ouverture à l’Autre. Nous ferons le point sur les différentes méthodologies utilisées jusqu’à présent et qu’on utilise toujours dans l’enseignement du FLE tout en donnant une rétrospective descriptive et comparative. Nous prendrons également en considération les différentes circonstances socioculturelles existant sur ce territoire serbe et qui ont largement influencé la situation actuelle dans ce domaine de l’éducation. Parmi les langues étrangères enseignées en Voïvodine, la langue française a toujours eu une place privilégiée, un statut de langue incontournable. Par contre, suivant le modèle mondial, la politique linguistique actuelle de la Serbie ne favorise pas vraiment son apprentissage.

2. Premiers contacts avec le français en Serbie et en Voïvodine[1] - du Moyen Âge au siècle des Lumières

En ce qui concerne le contact avec le français, P. Polovina tient à rappeler que « les Serbes avaient déjà eu un contact avec la langue française au Moyen Âge » (Polovina, 1964 : 7). On sait que « les riches féodaux serbes avaient un contact avec la culture française, notamment avec la littérature et la musique » (Polovina, 1964 : 7). Cependant les documents historiques écrits témoignant de cette période manquent. Pour ce qui est de la Voïvodine, la période où l’on sent la présence des Français est surtout celle du XVIIIe siècle, et il s’agit de l’époque d’une grande colonisation.

De fait, après le départ des Turcs, au début du siècle, la monarchie austro-hongroise s’est mise, pour combler les vides (en terrain et en population) et voulant créer une espèce de muraille protectrice contre les Turcs, à implanter des colons allemands, hongrois, slovaques, et autres (Arsenijević, 1992 : 135).

La majorité de ces colons se sont installés sur le terrain du Banat et de la Bačka, et parmi les Français il y avait ceux qui venaient d’Alsace et de Lorraine. C’était à eux, soit de réorganiser les villages existants, soit d’organiser les villages et la vie commune (par exemple, Charleville, Saint Hubert, La Nueva Barcelona) (Arsenijević, 1992 : 135-136).

Quelques mots et notions en français ont été sauvegardés surtout dans la toponymie et dans les noms de famille des colons français occupant ce territoire (Arsenijević, 1992 : 135). Durant cette période, la Voïvodine faisait partie du grand Empire austro-hongrois, tandis que la Serbie[2] luttait contre l’occupation de l’Empire ottoman.

La seule arme des intellectuels serbes libres de cette période est la tendance des Serbes d’égaliser  au niveau culturel leurs adversaires. De leur part, les conquérants voulaient aussi propager leurs chères valeurs, ainsi la culture française, aux peuples soumis dans l’Empire austro-hongrois (Despotović, in Polovina, 1964 : 7).

Cependant, les Serbes avaient d’autres motivations pour apprendre le français.  Les idées de la Révolution française leur étaient particulièrement précieuses. « Elles avaient plus de partisans que ce que l’on ne pensait » (Polovina, 1964 : 8). Les premiers apprenants du français à Novi Sad[3] étaient des citoyens et intellectuels connus qui apprenaient le français durant leur scolarisation en Allemagne et en Autriche. De même, il y en avait qui étaient autodidactes et d’autres pour lesquels le français en tant que langue diplomatique était nécessaire, notamment pour les hauts sacerdoces et les officiers qui faisaient partie des cercles de Vienne. « Parmi trente-deux officiers serbes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, seulement deux ne parlaient aucune langue étrangère » (Polovina, 1964 : 9). À cette époque, il y avait des livres en français dans nos bibliothèques. L’intérêt pour les traductions du français en serbe naît surtout au siècle des Lumières (Polovina, 1964 : 9-10). On apprenait le français notamment en traduisant les grandes références littéraires (Fénelon, Voltaire, Rousseau, Montesquieu, etc.).

Les voyageurs et les commerçants de cette époque ont aussi contribué à la promotion de la culture et de la langue françaises. Les manuels dont on se servait dans l’enseignement du français étaient surtout des manuels traduits, ceux qu’on utilisait en Allemagne et en Autriche. La première grammaire du français a été écrite par Joakim Vujić en 1805 – c’était la traduction de la grammaire allemande de Meidinger. « La grammaire française de Vujić est la plus signifiante comme notre document culturel et historique du début du XIXe siècle » (Polovina, 1964 : 21).

La méthode de l’enseignement du français était avant tout grammaire-traduction. En plus, on apprenait le français avec des maîtres privés et payés. C’était une langue réservée à la bourgeoisie serbe et que les hautes sociétés autrichiennes utilisaient dans leurs cercles. De cette manière les autochtones voulaient mieux s’intégrer au monde dominant et s’approprier les nouvelles tendances des sociétés européennes.

3. L’enseignement du français au XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, les circonstances sociopolitiques n’étaient pas favorables à l’éducation en général. La Serbie était affaiblie par l’Empire ottoman et le peuple était avant tout préoccupé de sa survie. Les écoles en général étaient rares et surtout accessibles à ceux qui en avaient les moyens.  « La Serbie s’occupe de la création de son propre État et les relations avec les Français s’affaiblissent. Dans la création du nouveau pays, les contacts sont ceux liés au fait de recopier la France » (Polovina 1964 : 22). Les idées révolutionnaires étaient une inspiration pour les démocrates-libéraux serbes de cette époque. Bien qu’il y ait une volonté à enseigner le français dans les lycées serbes, il n’était pas facile de trouver des enseignants.

Pour ce qui est de la situation en Voïvodine, qui faisait toujours partie de l’Empire austro-hongrois :

ce fut le hongrois qui devint la langue administrative et officielle, ce qui eut pour effet de satisfaire les Hongrois, mais aussi de mécontenter les autres groupes ethniques. Puis, très tôt, les Habsbourg pratiquèrent une importante politique de germanisation en Autriche : l'allemand devint la langue véhiculaire administrative dans tout l'Empire. Cependant, les Habsbourg laissèrent les Hongrois s'occuper de la politique linguistique sur leur territoire. Or, les Hongrois étaient plutôt intolérants à l'égard des autres groupes ethniques placés sous leur juridiction. Pendant longtemps, le latin fut maintenu comme langue officielle à côté du hongrois, et à l'exclusion de l'allemand. (http://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/Voivodine.htm, consulté en janvier 2019)

L’allemand sera la première langue étrangère introduite dans la première phase de l’établissement du système scolaire.

L’allemand était SJ1, qui a été introduit au stade initial de la mise en place du système scolaire, en 1808, dans le premier – une grande école qui était en fait un lycée de trois ans où les étudiants étaient inscrits après trois années d’enseignement élémentaire ou une « petite école » (Žerajić, 2018 : 54).

L’objectif national était de bâtir un État national moderne d’Europe, et l’Empire austro-hongrois était géographiquement le pays moderne européen le plus proche. De plus, les liens commerciaux existaient depuis des siècles et les commerçants en tant que créateurs de la classe civique demandaient l’apprentissage de l’allemand dans les écoles (Ignjačević, in Žerajić, 2018 : 54).

Ce n’est que vingt ans plus tard qu’on commence à s’intéresser davantage à la langue française. On l’apprenait dans des écoles publiques et privées. L’apprentissage du français était plutôt réservé à une minorité de la bourgeoisie serbe qui avait les moyens de se l’offrir et de voyager. En ce qui concerne la Serbie centrale, il y avait quelques enseignants polonais immigrés en Serbie qui avaient commencé à enseigner le français, qui furent suivi par des enseignants français. Les jeunes qui avaient cette opportunité de voyager à l’étranger étaient dans un sens obligés d’apprendre le français durant leur scolarisation. Vuk Karadžić, réformateur de la langue serbe, va jouer un rôle très important auprès des riches bourgeois serbes. Il va favoriser l’apprentissage du français, ainsi que la culture française. Les grammaires et les livres de lecture utilisés à cette époque allaient de pair avec ceux des pays d’Europe les plus développés. Les premiers manuels étaient des grammaires et des livres de lecture nommés bukvar, čitanka, lektira, qui comportaient des textes littéraires et des faits historiques. Il s’agissait d’un mélange de livres serbes et d’adaptations de manuels allemands. C’étaient des traductions des grammaires et des manuels autrichiens et allemands ; même les programmes dans les écoles étaient copiés de l’Europe, notamment des pays voisins. Ce n’est que dans la deuxième moitié du XIXe siècle que naît la tendance à écrire des manuels serbes basés sur la méthode directe, ainsi que les livres de lecture qui leur sont complémentaires. « Les manuels serbes de français étaient différents des autres parce qu’ils portaient les marques de leur environnement, c’est-à-dire des circonstances et de la vie culturelle des autochtones, c’est-à-dire des Serbes » (Polovina, 1964 : 68).

La période entre 1893-1914 est celle du plus grand progrès concernant l’enseignement et les manuels de français langue étrangère. Au cours de cette période, on applique […] la méthode directe (Polovina, 1980 : 37-38).

Cependant, cette méthode n’était pas bien vue et il a fallu l’alléger et l’adapter aux circonstances du système scolaire serbe. En effet, « les exercices mécaniques en tant que forme essentielle et exclusive d'enseignement d'une langue étrangère étaient inacceptables dans les conditions scolaires » (Polovina, 1980 : 46).

4. La position du français au début du XXe siècle

Les relations entre la France et la Serbie sont en développement constant. L’influence française est visible dans les idées politiques, littéraires et scientifiques, et même dans la langue serbe et dans son style (Polovina, 1964 : 70). Dans le contexte de l’enseignement, le français a aussi une primauté vis-à-vis de l’allemand. À Novi Sad, on ne commence à introduire le français comme matière optionnelle qu’en 1912. Avant, c’était l’apprentissage de l’allemand qui s’imposait en raison de l’héritage austro-hongrois. En Voïvodine, on considérait son enseignement comme obligatoire, d’autant plus qu’on disposait aussi de professeurs d’allemand.

Il a été introduit dès les débuts du système scolaire en 1808. […]  En outre, un grand nombre d’enseignants ne connaissaient aucune autre langue que l’allemand, donc l’introduction de cette langue a été par défaut (Ignjačević, in Žerajić, 2018: 54).

En ce qui concerne le français, dans la Grande école pour filles à Novi Sad, on l’apprenait même avant cette période en tant que matière « semi-obligatoire » (Polovina, 1964 : 73). De même, les professeurs de français continuent à publier des manuels et à se perfectionner en publiant des travaux dans les revues scientifiques qui concernent la langue et qui améliorent de façon importante l’apprentissage du FLE.

La période entre 1915-1916 va connaître un grand changement, lorsque quelques milliers d’élèves et d’étudiants serbes, accompagnés de leurs professeurs, quittent la Serbie comme réfugiés et continuent leur formation en France (Stikić, 2012 : 184).

La Serbie va sortir de la Première Guerre mondiale très affaiblie et épuisée. Un nouveau pays européen sera alors créé, le royaume des Serbes, Croates et Slovènes (nommé plus tard Yougoslavie). Dans la période de l’entre-deux-guerres, en ce qui concerne l’enseignement des langues étrangères, le pays devait se débrouiller et engager les enseignants dont il disposait.

Le français était la première langue étrangère qu’on apprenait dans nos écoles […] de la première jusqu’à la huitième classe de lycée, et la deuxième langue étrangère qu’on apprenait de la quatrième jusqu’à la huitième classe de lycée. Le nombre de cours de français était de trois, et parfois quatre cours par semaine (Polovina, 1980 : 38).

Pour ce qui est de l’allemand, il était surtout dominant en Voïvodine, et beaucoup moins en Serbie centrale et au sud du pays.

À propos des supports pédagogiques dans l’apprentissage du FLE, avant la Première Guerre mondiale une grande primauté est attribuée aux manuels de lecture. Dans les manuels serbes de français, on voit une grande influence française et allemande. Ils ont été réalisés de trois façons : ils pouvaient être traduits, compilés ou faits par des auteurs vivant en Serbie, qui n’étaient pas nécessairement serbes. Les programmes éducatifs que la Serbie suit sont ceux des pays en plein pouvoir en Europe (l’Allemagne, l’Autriche et la France). De même, elle commence à investir dans la formation de son corps d’enseignants en envoyant ses professeurs de français dans des écoles supérieures de France. D’après Stikić (2007 : 38-39), dans la période de l’entre-deux-guerres, l’allemand était beaucoup plus présent dans les écoles serbes que le français. Elle cite l’un des directeurs de cette époque qui en explique les raisons :

On apprend l’allemand non parce que les Allemands nous entourent […] mais parce que les Allemands sont un concurrent et des rivaux des Slovènes sérieux […] et parce qu’en réalité on entend plus l’allemand […] et les Français sont très loin de nous. Il faudrait soigner leur langue dans les niveaux supérieurs (Stikić, 2007 : 39).

En ce qui concerne le reste de la Serbie, après la Première Guerre mondiale, le français était surtout présent dans les lycées (Stikić, 2007 : 259), et l'allemand durant toute la scolarisation.

5. L’enseignement du français parmi les autres langues étrangères de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 60

Après la libération en 1945, l’enseignement de l’allemand a été supprimé pendant trois ans pour des raisons politiques, et on propage davantage le russe, tandis que le français et l’anglais sont seulement présents, sans être valorisés. 

Jusqu’à 1948, dans toutes les écoles primaires[4] le russe était obligatoire à partir de la 5e classe. Depuis 1948, les élèves avaient le droit de choisir l’une des langues mondiales : le russe, le français, l’allemand ou l’anglais  (Polovina, 1980 : 41).

Au niveau politique, notre pays passe du système monarchique au système socialiste et devient la République fédérative populaire de Yougoslavie. De même, la scène politique change aussi pour la France qui perd ses colonies, ce qui aura un effet sur l’importance du français dans notre pays. Même si à partir de 1948, les relations entre la Yougoslavie et la France deviennent plus intenses, le français perd sa position de première langue étrangère enseignée et arrive à la troisième place, après l’anglais et le russe. La deuxième langue étrangère devient obligatoire au lycée dans les années 60. L’accent est mis sur l’anglais, sous l’effet de la mondialisation, et le russe, pour des raisons idéologiques.

Sans être formellement interdit dans les années cinquante et soixante du XXe siècle, l’enseignement du français et de l’allemand a été énergiquement découragé par divers moyens. La volonté d’endiguer l’enseignement du français dans cette période-là est à mettre en relation avec l’appui de la Yougoslavie aux forces algériennes luttant pour la libération de leur pays (Đurić, 2015 : 147).

Le choix de l’apprentissage des langues étrangères était aussi une tâche difficile à réaliser et, d’autre part, c’étaient les écoles qui d’après le personnel dont elles disposaient faisaient ce choix (Polovina, 1980 : 42). Dans les lycées, on enseignait deux langues étrangères, la première était celle que les élèves avaient déjà apprise à l’école primaire, la deuxième était au choix : le russe, le français, l’allemand ou l’anglais. C’est d’ailleurs une situation qui depuis n’a pas changé depuis dans notre système éducatif.

6. Le français langue étrangère après les années 1970

Dans le contexte social, les années 70 et 80 étaient plutôt les années d’un communisme émancipé. La Yougoslavie commence à se dégrader. Le nationalisme devient le principal point de vue politique du pays. La plupart des lycéens ne connaissent pas ou ne connaissent que très peu de langues étrangères. Il a fallu attendre la nouvelle réforme du ministère de l’Éducation nationale yougoslave en 1976 lorsqu’un très grand nombre de spécialistes se rassemblent pour créer de nouveaux programmes.

En ce qui concerne la Voïvodine, nous disposons des données pour l’année scolaire 1974-1975, d’après lesquelles, dans les lycées, 36,4%, d’élèves apprennent le russe, 32,45% l’anglais, 10% le français et 21% l’allemand. « En Voïvodine, les écoles secondaires professionnelles ont plus de cours de russe 55%, ensuite d’anglais 22,5%, d’allemand 18% et de français 18% » (Polovina, 1980 : 43-44).

Pour ce qui est de la formation des professeurs de FLE et des méthodes dont ils se servaient dans leur enseignement, nous pouvons constater qu’ils étaient en transformation constante. L’enseignement du FLE a commencé à se développer dans les différentes universités du pays (la Yougoslavie), où de grands pas ont été réalisés grâce à Petar Guberina qui a créé une nouvelle approche à l’apprentissage des langues, l’approche SGAV (structuro-globale audio-visuelle), qui va être chaleureusement acceptée après la méthode directe qui s’est montrée inadéquate et artificielle.

Jusqu’aux années 80, le russe était plutôt dominant, ensuite c’est l’anglais qui, en devenant la lingua franca du fait de la mondialisation prend la première place dans la plupart des écoles, c’est-à-dire que le russe, le français et l’allemand deviennent dans la plupart des cas les deuxièmes langues enseignées (Manić-Matić, 2017 : 19). Les manuels prescrits par le ministère de l’Éducation étaient réalisés par des auteurs serbes. Au cours des années 90, surtout dans l’enseignement non-formel (par exemple « Association franco-yougoslave » en Serbie), on commence à introduire les méthodes françaises réalisées par des auteurs francophones. Par conséquent, le contenu et la représentation du français commence à changer dans les manuels de FLE où la francophonie est « un atout pour la motivation des apprenants » (Manić-Matić, 2017 : 21).

7. L’enseignement du français langue étrangère au XXIe siècle

En 2000 a été lancé le grand projet de la réforme curriculaire du ministère de l’Éducation et du Sport de la République de Serbie ayant  pour objectif de moderniser le système éducatif. Ce projet était soutenu par de grandes institutions internationales (le Conseil de l’Europe, la Banque mondiale, etc.) ; les langues étrangères, en faisaient partie. Les curriculums des langues étrangères dans le primaire et le secondaire ont été rédigés selon les principes du CECRL et ont commencé à s’appliquer en 2003 (Filipović, Vučo et Đurić, 2006 : 117-120). Pour la première fois dans l’histoire de l’éducation serbe, l’apprentissage des langues étrangères était prévu dès le premier jour du processus éducatif. Les élèves devaient apprendre deux langues étrangères au moins au cours des différentes étapes de l’éducation obligatoire et il était même possible d’introduire d’autres langues étrangères, en fonction des besoins des élèves et des intérêts des communautés locales et régionales (Filipović, Vučo et Đurić, 2006 : 120).

Si nous regardons les méthodologies utilisées dans l’enseignement du FLE, nous pouvons constater qu’à partir des années 2000 on suit les nouvelles tendances et méthodologies dans le système scolaire. Dans la plupart des cas, il s’agit des manuels harmonisés d’après le CECRL. Cependant, il y a des cas où cette réalisation n’est pas toujours possible, notamment à cause du manque d’équipement dans les écoles ou du nombre d’élèves dans des classes où il est difficile d’appliquer l’approche communicative. Les enseignants de FLE en Serbie sont alors obligés d’adapter leur enseignement aux circonstances données, parfois d’improviser et d’adapter leurs cours pour atteindre les objectifs et pour réaliser les programmes annuellement imposés par le ministère de l’Éducation du pays.

Dans la partie qui suit, nous donnerons un bref aperçu de la situation de l’enseignement du français langue étrangère parmi les autres langues en Voïvodine. Les chiffres que nous donnons concernent l’année scolaire 2018-2019[5]. Nous nous focaliserons tout d’abord sur les niveaux primaire et secondaire, ensuite sur l’enseignement supérieur et nous mentionnerons également l’enseignement non-formel.

7.1. Enseignement primaire

À l’école primaire, qui dure huit ans, l’enseignement se déroule en six langues (serbe, hongrois, slovaque, croate, roumain et ruthène), dans certaines écoles en deux langues (le serbe et une langue des minorités).

Au cours de l’année scolaire 2018-2019, sur un total de 140.578 élèves, 5.225 (3,72%) apprennent le français dans 33 écoles primaires publiques (le nombre total des écoles primaires publiques étant de 344).

Seules deux écoles primaires proposent le français comme première langue étrangère (329 élèves). Nous pouvons constater que l’anglais est presque toujours choisi par les écoles comme première langue étrangère, très rarement l’allemand et encore plus rarement le russe.

Le français comme matière obligatoire optionnelle[6] est présent dans 31 écoles et est appris par 4.896 élèves. Les autres langues obligatoires optionnelles sont : l’anglais, l’allemand, le russe, l’espagnol et l’italien.

7.2. Enseignement secondaire

Dans les lycées généraux (durée : quatre ans) et professionnels (durée : trois ou quatre ans), tout comme au niveau primaire, l’enseignement se déroule dans les six langues mentionnées ci-dessus. Notons que les programmes des lycées d’enseignement général et de certains lycées professionnels[7] prévoient l’apprentissage obligatoire de deux langues étrangères ; cependant, dans la plupart des lycées professionnels, une seule langue étrangère est obligatoire.

Au cours de l’année scolaire 2018-2019, sur un total de 62.722 lycéens, 2.207 (3,52%) apprennent le français dans 30 lycées (le nombre total des lycées étant de 121) : le français comme première langue étrangère est appris par 170 lycéens, tandis que le français comme seconde langue étrangère est appris par 2.037 lycéens.

Pour ce qui est des autres langues étrangères, l’anglais, l’allemand et le russe sont appris par plus de lycéens que le français : 59.290 lycéens apprennent l’anglais, 15.667 l’allemand et 3.642 lycéens le russe. Les langues qui sont apprises par moins de lycéens que le français sont l’italien (1.288 lycéens) et l’espagnol (353 lycéens).

Il est évident que l’anglais, l’allemand et même le russe, qui est devenu très populaire lors de la dernière décennie, devancent le français en Voïvodine. Nous pouvons également constater que le français est très rarement choisi comme première langue étrangère, ce qui pourrait s’expliquer par le fait qu’à l’école primaire le français est pratiquement devenu une matière optionnelle.

Cette situation du français dans le secondaire est due, d’un côté, à la politique du tout-anglais, quand il s’agit de la première langue étrangère, et d’un autre côté, à la politique du plurilinguisme, qui ne concerne que la deuxième langue étrangère et qui ne permet d’imposer aucune des langues étrangères mentionnées ci-dessus. Il existe également d’autres facteurs qui entrent en jeu, tels que la liberté des écoles de proposer certaines langues étrangères, ainsi que la liberté relative de l’élève concernant le choix des langues étrangères, etc.

Dans le cadre de l’enseignement secondaire et d’une éducation plurilingue, conformément aux principes de la politique linguistique européenne, des sections bilingues ont été ouvertes, ayant pour objectif la modernisation du système éducatif de la Serbie après 2000.

Grâce au soutien de l’ambassade de France et de l’Institut français de Serbie et de la mise en place d’un partenariat avec le ministère de l’Éducation serbe sur un Fonds de solidarité prioritaire (FSP) du ministère français des Affaires étrangères, en 2004 on a commencé à ouvrir les premières classes bilingues franco-serbes, notamment à Belgrade, au « Lycée III de Belgrade » et à l’école primaire « Vladislav Ribnikar ». À l’instar de ces écoles, ce chemin de l’enseignement bilingue a été suivi par d’autres établissements, parmi lesquels le Lycée scientifique « Jovan Jovanović Zmaj » de Novi Sad (en 2010) et le Lycée philologique de Sremski Karlovci » (en 2012[8]). Le « réseau bilingue francophone de Serbie […] compte aujourd’hui huit établissements et concerne 500 élèves »[9].

Le programme de l’enseignement bilingue, adapté au système éducatif serbe, inclut que les cours se tiennent dans deux langues, prévues par le programme du ministère de l’Éducation. Ce programme est attrayant pour les élèves car il a été harmonisé en partie avec les programmes des pays étrangers. Dans les sections bilingues, les matières qui ne sont pas linguistiques comme la physique, la chimie, la biologie, les mathématiques et l’informatique, sont enseignées en français.

7.3. Enseignement supérieur

L’enseignement du français au niveau universitaire en Serbie remonte à la fin du XIXe siècle, plus précisément à l’année 1896 où la première chaire de français a été créée à l’Université de Belgrade[10].

La deuxième chaire de français en Serbie, la Chaire de langue et littérature françaises, a été ouverte en 1961 à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Novi Sad[11]. En 1961-1962, 15 étudiants étaient inscrits en première année de licence. L’année suivante l’inscription n’a pas eu lieu, conformément à la décision de l’université, mais la chaire a poursuivi ses activités, si bien que les étudiants inscrits ont pu terminer leurs études.

En 1966, la Faculté de Philosophie et Lettres a créé de nouveau une chaire de langue et littérature françaises (avec 22 étudiants inscrits) qui a rencontré les mêmes problèmes. Aucun nouvel étudiant n’a été inscrit jusqu’en 1972. Depuis cette année-là, la chaire travaille sans interruption. En 1979 a été créé le lectorat d’italien et en 1997 le lectorat d’espagnol, qui aujourd’hui font partie du Département d’études romanes.

            Pour ce qui est de l’enseignement du français, la Faculté de Philosophie et Lettres offre les formations suivantes :

  • Licence en langue et littérature françaises avec une seconde langue et culture romanes, durée : 4 ans
  • Master en langue et littérature françaises avec une seconde langue et culture romanes, durée : 1 an
  • Master de traduction et d’interprétation (créé en 2015, dans le cadre du projet REFLESS TEMPUS, langues proposées : anglais et français / anglais et allemand), durée : 2 ans
  • Doctorat en langue et littérature, durée : 3 ans.

Au niveau de la licence, le français est également proposé comme langue obligatoire-optionnelle aux étudiants des autres départements de la faculté (niveaux : A1, A2 et B1).

Au cours de l’année universitaire 2018-2019, le Département d’études romanes compte 131 étudiants en licence, dont 35 étudiants en première année, 29 étudiants en deuxième année, 35 étudiants en troisième année et 32 étudiants en quatrième année, tandis que 18 étudiants sont inscrits au programme de master.

Le français comme langue obligatoire-optionnelle est appris par une centaine d’étudiants des autres départements de la faculté.

Depuis l’année universitaire 2018-2019, au niveau de la licence il existe un nouveau programme : Langue et littérature anglaises avec une seconde philologie étrangère, qui propose aux étudiants d’étudier deux langues étrangères en même temps : d’une part, l’anglais, et d’autre part le français, l’allemand ou le russe.

Notons qu’en 2014, l’Université de Novi Sad est devenue membre associé de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), ce qui a également permis l’ouverture d’un Centre universitaire francophone (CUF) au sein de la Faculté de Philosophie et Lettres en 2016[12]. L’AUF contribue largement à la mise en œuvre des actions de coopération bilatérales et à la mobilité des étudiants, et encourage également le développement de relations interrégionales.

Depuis 2014, grâce au processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, l’ouverture à l’international des établissements d’enseignement supérieur serbes, et plus particulièrement, de l’Université de Novi Sad, est croissante. Les programmes d’échange européens, tels qu’Erasmus+, font augmenter les possibilités de la mobilité universitaire de plus en plus en permettant aux étudiants d’effectuer une partie de leurs études dans des universités européennes.  Les étudiants du Département d’études romanes choisissent le plus souvent de partir en mobilité en France[13]. De cette manière, ils développent des compétences interculturelles et multiculturelles, ce qui renforce leur motivation et leur désir d’apprendre le français.

7.4. Enseignement non-formel

En ce qui concerne l’apprentissage des langues étrangères, il est aussi nécessaire de mentionner le phénomène de l’éducation dans le milieu institutionnel non-formel, où l’enseignement du FLE a largement contribué à l’ouverture francophone au début du XXIe siècle. L’Institut français de Serbie, plus précisément son antenne de Novi Sad (ouverte en 2004) y a joué un rôle très important en attirant un public francophone et francophile non seulement grâce aux cours de français, mais aussi grâce à la diffusion de la culture française et francophone dans toute sa diversité. Chaque année, environ 250 enfants, adolescents et adultes y suivent des cours.

Un nombre important de personnes y suivent des cours de français pour des raisons professionnelles, étant donné qu’en Voïvodine le français occupe une place assez importante dans le monde professionnel depuis ces dernières années. De plus en plus d’investisseurs français décident d’étendre leurs activités au marché serbe. Les flux d’investissements directs étrangers en Serbie sont en constante progression depuis 2012. Une centaine d’entreprises françaises déjà installées en Serbie emploient près de 11000 personnes aujourd’hui[14].  En Serbie, surtout en Voïvodine, les sociétés françaises sont bien représentées dans le secteur de l’équipement automobile, le secteur financier et de l’assurance.

8. Les tendances contemporaines dans la didactique du  FLE en Serbie/Voïvodine

Pour ce qui est de la didactique du FLE en Serbie/Voïvodine, son évolution a suivi plus ou moins la didactique du FLE en Europe, et elle a subi tout au long de son développement les mêmes changements tout en tentant de les suivre au pas. Les méthodologies utilisées dans l’enseignement formel primaire et secondaire ont été et sont toujours prescrites par le Ministère de l’Éducation de la Serbie. Jusqu’aux années 90, pour le FLE, on se servait principalement des manuels réalisés par les éditeurs serbes qui tentaient de suivre surtout la réalité française et de l’adapter à la réalité serbe. Rares étaient les auteurs qui se risquaient à introduire des éléments francophones. Cela s’explique, naturellement, par l’éloignement relativement important de notre pays par rapport aux territoires francophones, et, par conséquent, par le manque de contact socioculturel et géographique de notre pays avec les autres pays francophones.

Cependant, cela change dans les années 90 lorsque, tout doucement, commencent à s’infiltrer des manuels réalisés par les éditeurs français. C’est surtout le cas dans quelques lycées philologiques (enseignement formel) et dans des écoles de langues étrangères (enseignement non-formel). Il s’agit tout d’abord des méthodes SGAV, puis, vers les années 2000, il en est de même pour les méthodes basées sur l’approche communicative, modernisées plus particulièrement au niveau du matériel technologique (CD, DVD). Ces dernières ne sont pas seulement réalisées par des éditeurs français, mais elles initient aussi une collaboration avec des auteurs serbes (ex. Maison des Langues et Klett). Dans ces méthodes, on essaye de rapprocher les apprenants du français à travers le monde francophone. « L’objectif de l’enseignant de FLE est de développer les compétences langagières chez les apprenants et de les inciter à les intégrer dans un contexte plus large, celui de la francophonie » (Manić-Matić, 2017 : 14). Néanmoins, dans certaines écoles, les enseignants rencontrent des difficultés lors de la réalisation des cours à cause du manque de supports techniques et de la durée des cours (45 minutes), ce qui ne suffit pas toujours pour les séances prévues dans une unité didactique audio-visuelle. Dans ces situations, ils sont donc obligés d’adapter leurs cours aux circonstances données.

En ce qui concerne le travail didactique à l’Université, les conditions de réalisation des cours de FLE sont meilleures par rapport à celle des écoles, car la Faculté possède tout l’équipement nécessaire (ordinateurs, projecteurs, Internet, TBI). De même, on y accorde une attention particulière aux futurs enseignants de FLE, ainsi qu’à la collaboration entre la Faculté de Philosophie et Lettres et d’autres institutions du système éducatif serbe (écoles primaires, lycées et jardins d’enfants), où le français est enseigné en tant que deuxième langue étrangère. Les professeurs de FLE, ainsi que les étudiants, travaillent sur des sujets variés dans ce domaine, qui sont liés à leurs futurs besoins. Chaque année, lors des colloques organisés à l’Université, le principal domaine d’intérêt est très souvent, la didactique des langues en général, ainsi que la didactique du FLE lors des séminaires spécialement organisés pour les professeurs de FLE. Il faut mentionner également l’échange Erasmus+ qui contribue constamment à stimuler et éduquer les enseignants concernant cette thématique à travers de nombreuses formations et différentes conférences organisées.

Dans le domaine de l’enseignement non-formel, l’Institut français de Serbie joue un rôle important ; il suit la réalité francophone dans tous les domaines, y compris la didactique du FLE. En organisant de nombreux ateliers de perfectionnement professionnel des enseignants de FLE, ainsi que des stages de formation à l’habilitation des examinateurs-correcteurs des épreuves du DELF-DALF, il contribue largement au développement du FLE et renforce les liens professionnels entre les professeurs des institutions différentes.

Conclusion

L’enseignement des langues est toujours partie intégrante de la politique d’un pays. En d’autres termes, dans l’histoire du système éducatif formel de la Serbie, les conséquences de certaines décisions politiques se sont toujours reflétées sur l’enseignement des langues étrangères.

Qu’il s’agisse de l’enseignement du FLE formel ou non-formel, nous pouvons dire que le désir de connaître et de pratiquer les langues étrangères, surtout celui d’apprendre/enseigner le français est toujours présent en Voïvodine. Cependant, au niveau de la politique de l’éducation, la situation est assez instable et complexe, ce qui se reflète bien évidemment sur la motivation des enseignants aussi bien que des apprenants. D’autant plus qu’on parlait récemment de l’idée de retirer l’enseignement de la seconde langue étrangère à l’école élémentaire, ce qui a provoqué de nombreuses critiques de la part des scientifiques et didacticiens de Serbie. N’oublions pas que la sauvegarde des différences langagières contribue largement à la sauvegarde des cultures différentes. Dans ce sens, en ce qui concerne la politique de l’éducation langagière à l’école, il faudrait voir, à tous les niveaux, la diversité comme une richesse, et non pas comme quelque chose d’accablant. 

Nous sommes d’avis que c’est à nous, enseignants du FLE, de ne pas arrêter de porter la torche francophone et de continuer à illuminer nos classes à petits pas. Seulement de cette façon notre travail aura de l’écho et se prolongera dans les générations à venir.

 

Références bibliographiques

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FILIPOVIC, Jelena, VUCO, Julijana, DJURIC, Ljiljana, « Rano učenje stranih jezika u Srbiji: od pilot modela do nastave stranih jezika za sve », Inovacije u nastavi, XIX, 2006, p. 113-124.

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MANIC-MATIC, Vanja, Éléments de civilisation francophone dans l’enseignement du FLE, Thèse de doctorat, Novi Sad, Faculté de Philosophie et Lettres, 2017.

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STIKIC, Biljana, (2012). « La formation de la jeunesse serbe en France 1916-1920 : aspects de l’acquisition et de l’apprentissage du français »,  Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde, 49, 2012, p. 183-200, https://journals.openedition.org/dhfles/3492 (consulté en mars 2019).

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Sitographie

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https://www.ccfs.rs/publications/presence-francaise-en-serbie-reussites-et-perspectives.html (consulté en janvier 2019)

 

[1] Nous pensons au territoire actuel de la Voïvodine qui occupe aujourd’hui le nord de la Serbie.

[2] Sous ce terme nous sous-entendons le territoire géographique actuel, qui ne coïncide pas avec celui d’autrefois ; du point de vue du territoire actuel, il s’agit de la partie centrale et de celle du sud de la Serbie.

[3] Aujourd’hui le chef-lieu de la province autonome de la Voïvodine (Serbie du nord).

[4] Huit ans de scolarisation.           

[5] Les données concernant les écoles primaires et les lycées publics de Voïvodine nous ont été fournies par le Secrétariat provincial de l’éducation de Voïvodine en janvier 2019.

[6] La matière obligatoire optionnelle est en fait une matière scolaire qui est obligatoire pour tous les élèves ; ils choisissent donc une langue parmi les langues proposées par leur école. En septembre 2018, la deuxième langue étrangère a perdu son statut de matière obligatoire. La nouvelle loi sur l’éducation a rangé dans la même catégorie les langues étrangères, l’éducation civique et l’éducation religieuse, qui ont le statut de matière obligatoire optionnelle. De plus, en cinquième classe de l’école primaire, le système de notation des élèves a été remplacé par une évaluation descriptive.

[7] Il s’agit des lycées d’économie, de tourisme et d’hôtellerie.

[8] En 2017, ce programme a été supprimé. Au Lycée de Sremski Karlovci, les matières suivantes avaient été enseignées en français : la littérature, les arts plastiques, l’éducation musicale et l’éducation physique.

[12] Celui-ci est le deuxième centre en Serbie, le premier ayant été ouvert à l’Université de Belgrade en 2014.

[13] Actuellement, ils peuvent choisir d’effectuer un semestre de leurs études à l’une des universités suivantes : Universités de Montpellier, de Poitiers, de Bordeaux, de Nice, de Paris et de Lille.

[14] Ces informations sont disponibles sur le site de la Chambre de commerce et d'industrie France-Serbie, https://www.ccfs.rs/publications/presence-francaise-en-serbie-reussites-et-perspectives.html (consulté en janvier 2019).


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