coordonné par
Marie BERCHOUD
& Meriem STAMBOULI

 

Présentation – objet de ce numéro

Depuis près de cinquante ans, mais plus fortement aujourd’hui, la Didactique des langues et cultures, en particulier le français, hors de France et en France (situation des non-locuteurs natifs dans le système scolaire) se voit interpellée par la question : comment faire entrer dans les apprentissages scolaires des enfants dont la langue première (L1), celle avec laquelle ils sont préalablement entrés dans le langage, devenant ainsi des locuteurs et interlocuteurs, n’est pas la langue de scolarisation, ni même, parfois, une langue officielle ou nationale ?

Cette question est prégnante en particulier en Afrique sub-saharienne : le courant de la didactique intégrée, puis les expérimentations du primaire bilingue dans une douzaine de pays, et donc la possibilité de recours à la L1 des enfants au [tout-]début de leur scolarisation, de l’entrée dans l’école au terme de l’enseignement primaire. Au Maghreb, si, le français est davantage qualifié de langue étrangère, il n’en reste pas moins que c’est la langue des études universitaires, en particulier scientifiques. Notons que dans le contexte maghrébin scolaire, c’est l’arabe dit standard qui est langue de scolarisation ou L2, et le français est en position de L3. La L1 est le maghribi ou le/les berbères (Elimam : 2003), différents de L2 et de L3. De son côté, la France se limite aux «élèves allophones nouvellement arrivés (http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=61536).

Tout cela conduit à s’interroger sur les moyens de prendre en compte les langues premières des enfants au moment où ils deviennent élèves. Le projet « Langue(e) Première(e), Acquisition des Savoirs et Éducation », retenu et financé par Campus France dans son programme triennal Tassili a pour objet cette question. Et en écho, le présent appel à articles se propose de rassembler des contributions de nature à faire la lumière sur l’un ou l’autre des axes ci-dessous présentés, au Maghreb, mais aussi ailleurs.

Organisation du numéro

Partie 1 - quelle(s) méthodologies pour approcher le passage L1 – L2 chez les enfants en tout début de scolarisation ?

Cet axe privilégiera les approches qui s’attachent à l’individualité de ou des enfants, dans leur contexte socio-familial et scolaire, selon une logique développementale. Quels moyens de recherche peut-on mettre en œuvre : observation, suivi, enquêtes….; et quel cadre théorique, quelles notions fortes ?

Partie 2 – Observation et analyse de situations : Maghreb, France, français langue enseignée / d’enseignement / de scolarisation ; et propositions issues de ces analyses

Cet axe privilégiera les approches de situations. On s’intéressera aux situations quotidiennes extrascolaires (famille, environnement proche de l’enfant) et aux situations scolaires (dispositifs préscolaires / accueil de la petite enfance, primaire bilingue). On appréciera que les observations et analyses ouvrent sur des propositions (expérimentées, en cours d’expérimentation).

Partie 3 - Approches comparatives, Maghreb-France / autres régions du monde

Cet axe se place résolument du côté de la méthode comparative avec l’objectif d’enrichir la recollection des recherches : il accueillera des analyses, expérimentations et initiatives (sur la question des langues secondes pour la scolarisation des enfants), venant des Amériques et d’Asie.

Références bibliographiques

Ben Abdallah K., 2012 : « Le Français et les langues de France : Contact ou conflit ? Quels enjeux pour le système éducatif français ? » in Ngalasso-Mwatha M. (dir.) Le Français et les langues Partenaires : Convivialité ou compétitivité, n° 6, Presses Universitaires de Bordeaux.

Berchoud M., 2015 : « Les ambiguïtés du français au Maghreb », in Abdelhadj Hacen A. & Marin B, Le français et l’arabe à l’heure de la mondialisation, Paris : L’Harmattan.

                  (dir.) 2012 : Enseigner à des publics lointains, Études de linguistique appliquée, n° 168, un article « De la distance – Prendre en compte des publics lointains et décentrer la réflexion méthodologique », Paris : Klincksieck.

Charvy N, 2012 : De l’« offre langagière » des enseignants – quelles interactions langagières avec des enfants d’origine linguistico-culturelle étrangère ? (Cas de Qurtan et Ivan, élèves de maternelle), Études de linguistique appliquée, n° 168, Paris : Klincksieck.

Elimam A., 2009 : « Du punique au Maghribi : Trajectoires d’une langue sémito-méditerranéenne », in Synergie Tunisie, n°1, pp. 25-38.

                     2003 : Le maghribi, alias « ed-darija »- la langue consensuelle du Maghreb, Oran :Dar Gharb, Oran.

Maurer B., 2007 : De la pédagogie convergente à la didactique intégrée : langues africaines, langue française, Paris : L’Harmattan.

Noyau C., 2015: Cultures métalinguistiques, relations entre langues et relations oral / écrit : l’enseignement des langues de scolarisation au primaire. SOCLES 4 (LISODIP, ENS Alger- Bouzareah).

                  2014 : Psycholinguistique de l’acquisition des langues et didactique du bi-plurilinguisme. in ELAN, Approches didactiques du bi-plurilinguisme en Afrique : Apprendre en langues nationales et en français pour réussir à l’école. Paris : Editions des Archives Contemporaines, pp. 63-74.

                 2009 : Modalités d’optimisation du passage de L1 à L2 dans l’enseignement primaire en contexte multilingue. Mali, Mauritanie, Seychelles. Paris / OIF / Le Web Pédagogique., 305 p.

Stambouli M., 2012 : « La construction identitaire en classe de français à travers les interactions verbales en école algérienne », in La construction identitaire à l’école : perspectives linguistiques et plurielles, Sauvage J. & Demougin F. (dir.), Paris : L’Harmattan, pp. 57-65.

Calendrier du numéro

Proposition sur résumé : 30 janvier 2018
Notification aux auteurs : 20 février 2018
Soumission des articles complets : 20 mai 2018
Notification et correction du comité scientifique : juin 2018
Publication du numéro : 2e semestre 2018

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