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Numéro 69 : Varia

N° 69 / 2017

Varia

Frédérique Grim, Gisèle PIERRA, Kanella MENOUTI, Marie-Pascale HAMEZ, Maurer Bruno et al.

Ce numéro est le dernier conçu selon une logique ouverte de collaboration, de type publication de Varia. La formule avait son avantage, permettant à des chercheurs de diffuser très rapidement les résultats de leurs recherches sans devoir attendre une thématique de numéro dans laquelle ils puissent s'inscrire. Elle occasionnait cependant un manque de lisibilité qui était le revers de cette belle médaille. À partir du numéro 70, la revue Travaux de didactique du FLE va fonctionner selon une logique théma... Lire la suite

De quoi le FLS est-il le nom en 2017 ? Petite histoire d’une captation de concept

Maurer Bruno

Le concept de français langue seconde est né au cours de la décennie 1980 de la prise de conscience du caractère trop général du concept de français langue étrangère et du fait que celui-ci n’était pas apte à rendre compte de situations aussi différente que celle d’un enseignement du français dans une Alliance française en Colombie, un Institut en Russie et une université chinoise d’une part et dans une école de Dakar ou un centre d’alphabétisation de Madagascar… ou de France, d’autre part. Le caractère « étranger », s’il correspondait assez bien aux premiers contextes, était de toute évidence impropre pour rendre compte de situations où le français était la langue de l’administration et de l’école. Et l’appellation de langue première ou de langue maternelle ne convenait pas non plus, attendu que le français n’était que rarement la langue de première socialisation des élèves. Si j’ai mentionné un centre d’alphabétisation, fictivement situé à Madagascar ou en France, parmi les lieux d’apprentissage du FLS, c’est à dessein que je l’ai fait pour souligner que parmi les situations relevant du FLS figuraient originellement celles relevant d’un enseignement non formel ainsi que celles conçues pour des publics de migrants, mais que celles-ci n’étaient pas centrales dans le champ de préoccupation des didacticiens...

 

Encourager des étudiants de français langue étrangère à enseigner de manière autonome : un projet de service communautaire

Frédérique Grim

Afin d’être aussi efficaces que possible dans l’enseignement-apprentissage d’une langue étrangère, il est primordial que les enseignants intègrent divers éléments pédagogiques dans leurs cours, en commençant par une mise en contexte thématique, en intégrant des situations aussi réelles que possible et en présentant les fonctions et les cultures rattachées à la langue. Un des défis auxquels les enseignants font face est de trouver des moyens pour exposer leurs étudiants à des situations proches de la réalité, afin d’encourager l’apprentissage de la langue. Depuis quelques années, l’idée d’apprendre par un service communautaire émerge dans le langage des pédagogues et des chercheurs (Bloom, 2008; Caldwell, 2007; Gascoigne Lally, 2001; Goldberg, McCormick Richburg & Wood, 2006; Grassi, 2003; Heuser, 1999; McKenna & Rizzo, 1999; Morris, 2001; Overfield, 1997; Rosengrant, 1997; Schrier, 1996). En effet, la méthode d’apprentissage par le service communautaire semble combler ce manque de situations réelles pour les apprenants, tout en leur fournissant une expérience très riche. Cet article présente un exemple de service communautaire mis en place pour les étudiants d’une université américaine, et facilement reproductible pour des lycéens. La langue étrangère utilisée dans ce projet est le français, mais toute autre langue peut être utilisée également...

 

Les outils didactiques des professeurs de français langue seconde, en France, dans l’enseignement secondaire : analyse de déclarations de pratiques enseignantes

Marie-Pascale HAMEZ

En France, à l’école, au collège et au lycée, l’institution scolaire pratique la « double inscription » des élèves allophones arrivants. Ces nouveaux arrivants sont d’une part affectés dans une classe dite « ordinaire », correspondant à leur âge, où ils suivent des enseignements en éducation physique et sportive, arts plastiques et musique – parfois en mathématiques – et, d’autre part, ils sont regroupés dans une « unité pédagogique pour élèves allophones arrivants » (UPE2A) à l’école élémentaire, au collège et au lycée pour un enseignement quotidien de la langue française alors appelée « français langue seconde » ou « français langue de scolarisation ». L’effectif de ces groupes très hétérogènes atteint en moyenne quinze élèves. Les élèves pris en charge au collège de la 6e à la 3sont, en principe, âgés de 11 à 16 ans et manifestent, par conséquent, des centres d’intérêt différents. Leur langue et leur culture d’origine varient ainsi que leur niveau de scolarité antérieure, leur degré d’alphabétisation et leur rapport à l’apprentissage du français et, dans une plus large extension, leur rapport à l’école. L’Institution recommande que la durée d’accueil dans ces classes spécifiques varie selon les besoins de chaque élève tout en n’excédant pas un an. L’objectif déclaré par le ministère est que les élèves puissent suivre, le plus rapidement possible, l’intégralité des enseignements dans une classe du cursus ordinaire pour atteindre, comme les natifs, les savoirs et les compétences visés par le Socle commun de connaissances et de compétences (2006). C’est dire...

 

Mise en voix et en espace de textes dramatiques ou poétiques. Une approche esthétique et subjective de la parole en didactique des langues/cultures

Gisèle PIERRA

Deux préoccupations langagières se croiseront dans cette réflexion en didactique des langues/cultures : celle de l’esthétique langagière produite par la performance scénique de textes (ici plus spécifiquement de textes poétiques) et celle de certaines acquisitions possibles en langue nouvelle. Au centre de cette question se trouve le Dire du sujet de la parole en langue étrangère qui met en jeu le corps et la voix scéniques entre les langues et les cultures. La langue nouvelle est ici considérée en tant que matière sonore, rythmique, relationnelle et métaphorique, chaque fois articulée de façon spécifique aux divers contextes linguistiques et culturels dans lesquels elle s’acquiert...

 

Les Algériens et la maîtrise de la langue française dans l’imaginaire d’un groupe d’étudiants algériens

Nadia GRINE

Le présent article est le troisième d’une série d’articles se proposant de rendre compte des résultats d’une enquête que nous avons menée pour l’obtention du diplôme de doctorat en Sciences du langage, option Sociolinguistique. Dans le premier article de cette série (Grine, 2010), nous avons tenté de donner un éclairage sur la nature du public représentant notre population d’étude à savoir les étudiants inscrits en première année de Licence de français durant l’année universitaire 2006-2007 (Université d’Alger). L’article en question a rendu compte du profil sociologique et linguistique de cette population, de son parcours scolaire et du rapport qu’elle entretient avec la filière d’études (filière choisie ou pas). Il a mis l’accent sur le regain d’intérêt pour cette licence : 70,27 % des enquêtés ont déclaré avoir choisi cette spécialité contre 29,73% ayant été orientés vers elle contre leur gré...

 

Approche d'une situation pédagogique complexe : l'activité épilinguistique comme déclencheur d'apprentissage

Kanella MENOUTI

Les réflexions qui suivent sont issues d’un travail de thèse en Sciences du Langage, au sein de l’équipe Dipralang de l’université Montpellier 3, intitulé : Comment conjuguer le présent du verbe « être » ? Approche anthropologique et didactique d’une situation pédagogique complexe à travers l’enseignement d’une langue étrangère : le cas d’une école insulaire en Grèce.

Le contexte d’étude fut le collège d’Hayia Thecli (Sainte-Thècle), situé dans le village d’Hayia Thecli, à Céphalonie – île se trouvant dans la Mer Ionienne, appartenant au complexe insulaire des îles ioniennes qui constituent la limite ouest du territoire grec. Ce collège, où nous avons enseigné le français langue étrangère de 2008 à 2013, constitue un contexte d’enseignement et d’apprentissage délicat...

 

L’alphabétisation fonctionnelle dans les associations au Burkina Faso : cas de l’Association Féminine du secteur n°8 de Koudougo

Régina Véronique ODJOLA

Résumé : Le présent travail porte sur l’alphabétisation, particulièrement dans les associations au Burkina Faso. On pourrait d’ores et déjà se poser la question : pourquoi alphabétiser (surtout les femmes) en langues nationales puisqu’il existe déjà un système formel d’enseignement au Burkina Faso ? L’alphabétisation en langues nationales permettra-t-elle d’adapter le système éducatif aux besoins du pays ?

Le Burkina fait face à de nombreux défis de développement dus en partie à l’analphabétisme d’une grande partie de sa population. Cela a pour conséquence immédiate la réduction de la réceptivité des populations aux enjeux du développement. De plus cela ne leur permet pas d’avoir des informations techniques sur leurs domaines activités.

Sachant qu’il faut des hommes et des femmes compétents pour promouvoir le développement à la base, des actions sont entreprises aussi bien au niveau de l’État, des Organisations non gouvernementales (ONG) que des collectivités locales. Ces actions consistent à mener des activités d’alphabétisation et de formations techniques. Au nombre de ces collectivités figure l’Association des Femmes de Koudougou (l’AFK). Cette association à travers des séances d’alphabétisation veut offrir à des personnes illettrées des chances d’optimiser leur rentabilité.

Mots clés : Alphabétisation, association, femmes, langues nationales, ONG

 

Abstract : The present work is a modest contribution to the study and research on literacy, especially in associations in Burkina Faso. Could already ask the question: why literacy in national languages ​​as there already a formal education system in Burkina Faso? The literacy in national languages ​​will she adapt the education system to the needs of the country?

Burkina faces many development challenges due in part to the illiteracy of much of its population. This has the immediate effect of reducing the susceptibility of people to development issues. Furthermore it does not allow them to have technical information on their activities areas.

Knowing that competent men need to promote grassroots development, actions are taken both at the state level, non-governmental organizations (NGOs) and local communities. These actions are to conduct literacy and technical training activities. In many of these communities include the Association of Women of Koudougou (AFK). This association through literacy sessions wants to offer illiterate people opportunities to maximize their profitability.

Keywords : Literacy, Association, women, national languages, NGOs

 

L'enseignement-apprentissage du FLE en Grèce en période de crise : l'exemple de Kavala

Nikoleta MIGDALIAS

Dans un pays submergé par une crise systémique, tous les secteurs de la société subissent des impacts choquants, y compris l'éducation et, par conséquent, le domaine de la langue française comme langue étrangère. La Grèce, comme tous les pays européens, promeut officiellement le plurilinguisme.Pourtant, face aux contraintes économiques provoquées par la situation actuelle, cette diversité linguistique dans le milieu scolaire peut-elle continuer à exister ?Si nous supposons que la réponse à cette question est non, quelles sont les conséquences dans le domaine du FLE dans ce pays, et surtout celles qui ont un impact sur les acteurs de ce domaine, comme les enseignants et les apprenants de la langue française?Confronté à la menace d'un monolinguisme centré sur l'anglais, est-il possible de sauver le statut de la langue française dans le système éducatif grec ?

In a country overwhelmed by a systemic crisis, all sectors of the society are suffering shocking impacts, including education and, consequently, the domain of French as a foreign language (FLE). Greece, like all European countries, officially promotes plurilingualism. Yet, faced with economic constraints brought about by the current situation, can this linguistic diversity in the school setting continue to exist? If we assume that the answer to this question is no, what are the consequences in the field of FLE in this country, and especially those having an impact on the actors of this domain, such as the teachers and the learners of the French language? Confronted with the threat of an English-centered monolingualism, is it possible to save the status of the French language in the Greek educational system1?

Σε μια χώρα η οποία μαστίζεται από μια συστημική κρίση, ολη η κοινωνία υφίσταται τις συγκλονιστικές επιπτώσεις της, συμπεριλαμβανομένης της εκπαίδευσης και, κατά συνέπεια, η διδασκαλία και η εκμάθηση της γαλλικής ως ξένης γλώσσας (FLE). Η Ελλάδα, όπως και όλες οι ευρωπαϊκές χώρες, προωθεί επίσημα την πολυγλωσσία. Ωστόσο, αντιμέτωπη με οικονομικούς περιορισμούς που προκύπτουν από την τρέχουσα κατάσταση, αυτή η γλωσσική πολυμορφία στα σχολεία θα μπορέσει να συνεχίσει να υπάρχει; Αν υποθέσουμε ότι η απάντηση στο ερώτημα αυτό είναι αρνητική, ποιες θα είναι οι συνέπειες στον τομέα της FLE σε αυτή τη χώρα, ειδικά για τους καθηγητές και τους μαθητές της γαλλικής γλώσσας; Αντιμέτωπη με την απειλή της Αγγλικής μονογλωσσίας, είναι δυνατόν να διασωθεί η γαλλική γλώσσα ως διδασκόμενη γλώσσα στην Δημόσια Εκπαίδευση ;