n°80 — Soumission des articles avant le : 14/01/2022

L’apprentissage du français langue étrangère à la lumière de son environnement

Françoise Favart
L’apprentissage du français langue étrangère à la lumière de son...

L’apprentissage du français langue étrangère à la lumière de son environnement

L’apprentissage du français langue étrangère à la lumière de son environnement

Coordination de Françoise Favart, Université de Trieste (Italie)

Qu’il s’agisse d’une langue maternelle ou d’une langue étrangère, les interconnexions qui existent entre l’apprentissage linguistique et l’environnement/le contexte dans lequel il se produit, ne sont plus à démontrer. On sait en effet que celui-ci influence considérablement les enjeux et les résultats de l’apprentissage. Différents travaux ont clairement démontré l’influence du territoire notamment sur le développement des enfants et des adolescents à travers ses caractéristiques sociales et économiques (Brooks-Gunn et al. 1993, Sastry et Pebley 2010 ).

La notion de contexte/environnement va toutefois au-delà de la sphère socio-économique. Elle peut en effet être envisagée dans une acception spatiale et géographique où l’environnement s’apparenterait à l’espace physique au sein duquel se déroule l’apprentissage. Elle peut également prendre en compte un cadre historique et/ou culturel. Dans tous le cas, l’environnement tel que nous l’envisageons est à mettre en relation à la langue et inversement.

L’acception que l’on attribue au contexte, dans des positionnements récents en analyse du discours recouvre assez bien cette notion. Elle est alors à entendre comme un continuum entre interne et externe : le contexte intègre les données environnementales qui se constituent à la fois des cadres internes ([…], cadres de savoirs, de croyances et de pratiques) eux-mêmes informés par les données externes, et des réalités extérieures de notre environnement matériel concret (décors naturels ou artificiels, espaces, objets culturels et techniques, artefacts, supports, etc.) (Paveau 2007 : 8).

L’étude du français comme langue étrangère peut elle aussi être abordée sous de multiples pans. On peut notamment s’y intéresser à travers les destinataires de l’apprentissage (on distingue par exemple un public d’adultes ou d’un public d’enfants), le cursus (curriculaire ou extra-curriculaire), les enjeux (scolaires, professionnels, objectifs spécifiques, intégrations sociales, etc.), les espaces géographiques (lieu où le français fait partie des langues utilisées ou au contraire où il figure comme langue étrangère), les enseignants, etc. Autant d’éléments qui se croisent et se renforcent mutuellement dès lors qu’on s’intéresse aux enjeux et aux résultats de l’apprentissage.

Toutefois, le champ de réflexion étant relativement vaste, il importe de le circonscrire si nous voulons nous interroger sur les liens qui se tissent entre l’apprentissage du fle et son environnement. Ce numéro de revue se propose ainsi de réfléchir aux dynamiques qui convoquent des destinataires adultes, dans des situations homoglottes (Dabène 1994), c’est-à-dire dans un contexte où le français est présent dans la réalité sociale où s’effectue l’apprentissage. Ces paramètres peuvent également être étudiés en relations aux représentations sociale et culturelles. De fait, nous considérons que l’apprenant n’est pas une page blanche sur laquelle s’écrivent des connaissances, mais qu’il est habité d’une histoire propre et des représentations sociales qui l’accompagnent. Or, ces représentations, qui intéressent également la langue et l’environnement, influencent l’apprentissage linguistique (Gajo 2000, Castellotti 2001, Castellotti et Moore 2002, Matthey 2000, Maurer 2013, Moore 2001).

Nous nous interrogerons ainsi sur ces croisements en privilégiant les deux axes suivants : 

 

1) apprentissage du fle et environnement au sens de territoire en tant qu’espace géographique et politique,

2) apprentissage du fle et environnement au sens de contexte socioculturel, de structurations sociales, appropriation de l’espace et sentiment d’appartenance, etc.

 

Axe 1 : Apprentissage du fle et environnement au sens territorial/géographique

On pourra réfléchir entre autres, à la manière dont le territoire peut influencer, en tant que facilitateur ou en tant qu’obstacle, l’apprentissage du fle. Nous pensons notamment à certaines régions du monde où l’organisation territoriale constitue une entrave physique à l’accès à la langue française ou inversement. Il pourra également être question des politiques linguistiques (Maurer 2011) qui constituent elles aussi des références territoriales.

 

Axe 2 : Apprentissage du fle et environnement socioculturel

L’environnement pourra être pris en compte dans sa structuration sociale et dans une dimension qui implique les affects. Il sera alors possible de réfléchir à la langue comme à un élément d’appartenance, d’insertion au sein d’un territoire ou comme élément de construction identitaire. On pourra par exemple inclure dans cette section, les contributions s’intéressant à l’apprentissage du fle, chez les migrants ou néo-arrivants, notamment à travers la médiation sociale et culturelle (Dufiet, Ravazzolo 2020). Des réflexions sur la langue et le sentiment identitaire ont également été menées dans des domaines moins explorés tels que la Légion étrangères (Texier 2019, Favart à paraître). Des situations présentant des spécificités analogues, de groupe restreint et à composante identitaire forte, pourront également être explorées. Pour rester dans des champs plus traditionnels, il sera aussi possible d’envisager la structuration sociale en tant que contexte professionnel.  

Ces deux axes peuvent prévoir des éléments de partage et ne sont par conséquent pas à envisager comme des catégories étanches.

 

Bibliographie

Brooks-Gunn, J. et al., 1993, « Do Neighborhoods Influence Child and Adolescent Developemt ? »

American Journal of Sociology, 1993, vol. 99, n°2, pp. 353-395.

 

Castellotti, V., (éd), 2001, D’une langue à d’autres, pratiques et représentations, Collection DYALANG, Rouen, Presses Universitaires de Rouen.

 

Castellotti, V., Moore, D., (2002), Représentations sociales des langues et enseignements. Guide pour l’élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe. De la diversité linguistique à l’éducation plurilingue, Division des politiques linguistiques, Strasbourg : Conseil de l’Europe. [En ligne], consulté le 20 juin 2021, https://www.coe.int/fr/web/language-policy/from-linguistic-diversity-to-plurilingual-education-guide-for-the-development-of-language-education-policies-in-europe.

 

Dabène, L., (1994), Repères sociolinguistiques pour l'enseignement des langues, Vanves, Hachette.

 

Dufiet, J.-P., Ravazzolo, E., (dir.), (2020), Regards croisés sur les médiations cultuelles et sociales. Acteurs, dispositifs, publics, enjeux linguistiques et identitaires, Trento, Labirinti, n° 186.

 

Favart, F. (à paraître), La Légion étrangère au croisement de la langue et du territoire ou une pragmatique avant l’heure, Actes du colloque Langues et territoires 5, Montpellier.

 

Gajo, L., (2000), « Disponibilité sociale des représentations : approche linguistique », Tranel 32, Université de Neuchâtel, 39-53.

 

Matthey, M., (2000), « Les représentations de l’apprentissage des langues et du bilinguisme dans l’institution éducative », Études de linguistique appliquée, 120, 487-496.

 

Maurer B., (2011), Enseignement des langues et construction européenne. Le plurilinguisme, nouvelle idéologie dominante. Paris, Edition des archives contemporaines.

 

Moore, D. (éd), (2001), Les représentations des langues et de leur apprentissage. Références, modèles, données et méthode, Paris, Didier.

 

Paveau, M.-A., (2007), « Discours et cognition : les prédiscours entre cadres internes et environnement extérieur », Corela [En ligne], consulté le 03 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/corela/1550

 

Sastry, N., Pebley, A. R., (2010), « Family and Neighborhood Sources of Socioeconomic Inequality in Children’s Achievement », Demography, vol. 47, n° 3, 777-800.

 

Texier, M. (2019), « A man’s world : incorporation langagière à la Légion étrangère », Itinéraires [En ligne], 2019-2 et 3, mis en ligne le 29 novembre 2019, consulté le 15 juin 2021. URL : http:// journals.openedition.org/itineraires/6306.

 

Réception des articles sur le site de la revue :

15 janvier 2022

Retour des relectures sur article complet

15 mars 2022

Retour des textes définitifs

15 mai 2022

 

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Titre de l’article

Prénom Nom Auteur 1 – Institution de rattachement

Courriel

Prénom Nom Auteur 2 – Institution de rattachement

Courriel

 

Résumé :

(Texte du résumé)

Mots-clés :………

Abstract :

(Text)

Keywords : ……

 

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- Les références seront complètes et précises.

- Dans le corps du texte, on note la référence entre parenthèses. Ex. (Lafont, 1995 : 32).

 

Bibliographie :

- Selon le modèle :

Arendt, Hanna, La crise de la culture. Huit exercices de pensée politique, traduction française P. Lévy, Paris, Gallimard, 1972.

Capelle-Pogacean, Antonela, « La Hongrie et les minorités magyares. Une relation complexe à l’heure de l’intégration européenne », Courrier des pays de l’Est n°1028, 2002, p. 69-77.

Gerbault, Jeannine, La langue du cyberespace : de la diversité aux normes, Paris, L’Harmattan, 2007.

Hagège, Claude, « La place des langues régionales dans l’enseignement précoce des langues », dans Christos Clairis, Denis Costaouec, Jean-Baptiste Coyos (dir.), Langues et cultures régionales de France : état des lieux, enseignement, politiques, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 25-33. 

 

 


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Coordinateurs du numéro

Calendrier du numéro

  • Envoi des articles complets : 14/01/2022
  • Retour des évaluateurs : 14/03/2022
  • Envoi des articles finaux : 14/05/2022
  • Publication envisagée : 15/06/2022